KARAKORAM - TREK DU BALTORO - CONCORDIA
13/07/08 - 30/07/08
Initialement j’avais prévu de faire le trek classique jusqu’à Concordia en passant par les camps de base des tours du Trango et du Shipton Spire, puis de faire les camps de base du K2, du Broad Peak et des Gasherbraum et enfin de terminer par le passage du col de Gondogoro. Malheureusement nous avons eu une mauvaise météo dès le deuxième jour après Paiju, jusqu’à Concordia et toute la redescente. Un flux de Sud-ouest permanent apportait chaque jour son lot de nuages qui accrochaient sur tous les sommets et amenaient un crachin avec quelques averses plus soutenues. Sur les 10 jours de marche nous n’avons pu apercevoir les plus hauts sommets que quelques minutes. A Concordia nous avons attendu une journée et demie et au matin suivant voyant que cela ne changeait pas et après avoir pris les infos auprès des expéditions sur le retour, nous avons pris la décision de redescendre avec une grosse déception. Les conditions météo n’empêchaient pas de monter jusqu’aux camps de base mais cela aurait été dans la grisaille et avec un gros plafond nuageux à 5500-6000m qui cachait tout, pas vraiment motivant.
Ce trek comportait plusieurs difficultés :
· La situation au Pakistan : ça chauffait pas mal depuis les derniers mois (prise d'otages, attentats, assassinats...). Heureusement depuis les élections législatives du 18 février 2008 la situation s'est un peu calmé sauf pour la partie Nord-Ouest. Il y a bien encore eu un attentat à Islamabad dans un restaurant Italien mais la situation est dans l'ensemble beaucoup plus calme depuis ces élections. Bon encore un attentat le 9 juillet, juste 14 policiers et cinq civils tués à Islamabad.
· Le trek lui-même : 25 jours au Pakistan, 15 jours de marche dont plusieurs sur glacier, 9 jours à plus de 4000 m, plusieurs passages au dessus de 5000 m...
· La logistique : il faut un guide assermenté, un cuisinier car il n'y a aucun ravitaillement possible pendant plusieurs jours, et une vingtaine de porteurs (sacs du guide et du cuisinier car ceux-ci ne portent pas, tout ce qu'il faut pour la cuisine, les sacs à dos, les sacs des porteurs...), une véritable petite expédition... J'ai décidé de passer par l'agence Pakistanaise Hunza Guides qui est LA spécialiste du Pakistan, cela me permet d'arriver à Islamabad et de prendre la route du trek dès le lendemain, juste après le passage obligatoire au ministère de l’armée pour un petit « briefing » et « débriefing ».
Au début j'avais dans l'idée de faire ce trek seul comme la plupart du temps pour mes très grands treks, seul…enfin seulement avec l'équipe de Hunza Guides, mais ce projet a intéressé Samuel Becker, un autre randonneur et alpiniste qui discute aussi de temps en temps sur Voyage Forum et qui m'a contacté. Nous avons échangé quelques mots par e-mail, puis par téléphone, et finalement nous avons décidé de le faire ensemble. Nous nous sommes vu pour la première fois à Islamabad.
Il y avait donc 2 options de route selon que le col du Gondogoro serait ouvert ou non. Tout en montant en direction de Concordia nous avons appris que le col était franchissable mais dans des conditions difficiles. Malgré la météo, lorsque nous étions à Concordia quelques expéditions et un groupe de français d’Odyssée Montagne l’ont passé. Nous les avons retrouvés quelques jours plus tard et ils ont eu raison car dans la vallée de Hushe la météo était bien meilleure.
La grosse difficulté que j’ai trouvée sur ce trek c’est le terrain extrêmement difficile. Plusieurs jours de moraines ça en casse plus d’un. De pus quand on arrive au campement après 5 ou 6h dans ce type de terrain, on n’a pas vraiment envie d’en refaire 2h histoire de monter un peu pour s’acclimater. Des campements même il n’est pas possible de monter directement sur les cotés, la seule possibilité serait de s’engager sur la moraine pour monter à peine de 200m en plusieurs heures. Du coup, arrivés au campement on ne fait pas grand-chose.
Coté paysages, cela n’est pas très varié et il n’y a de la végétation qu’autour de quelques ilots, Skardu, Askole, Paiju et Urdukas. En dehors de cela c’est uniquement minéral à partir du deuxième jour sur la KKH. Les montagnes qui encadrent les vallées sont très friables ce qui amène beaucoup de poussière, de sable… Par contre dès qu’on a la chance d’apercevoir les montagnes on reste en admiration.
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Jour 1 : Islamabad |
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| La ville très étendue n’est pas terrible, enclave diplomatique à
l’architecture moderne et petits bâtiments qui vieillissent mal tout
autour, grandes avenues à angle droit… Petit tour à la mosquée Faisal
et à un promontoire qui domine une grande partie d’Islamabad. On
distingue bien le quadrillage, les grandes avenues dont la Faisal avenue. En
fin de journée nous allons discuter avec Amir le très sympathique patron de
Hunza Guides. Je comprends peu à peu qu’il est en train de négocier le
fait qu’on n’ait pas besoin de faire le briefing avec la personne
du ministère du sport, c’est en effet Dimanche jour de repos pour tout
le monde. Il nous fait signer les papiers et se débrouillera ensuite, cool.
Sinon accueil très chaleureux et de bons conseils sur nos options de trek.
S’il arrive à avoir l’accord téléphonique de son contact
d’ici ce soir, on peut partir demain matin pour Chilas par la Karakoram
Highway, sinon ça retarde le départ. Retour à l’hôtel et pendant le
diner quelqu’un vient nous prévenir qu’on peut partir demain
matin à 5h ! J’adore ce qui se passe en coulisse dans ce genre de
pays.
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Jour 2 : Islamabad - Chilas (1250 m) 15h de Van |
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| Levé 4h, départ de nuit en Van vers les 5h. Début par des voies « rapides » puis on s’engage peu à peu sur une route de montagne qui devient la Karakoram Highway vers Abbottabad. Vers 11h on est bloqué par un éboulement. Il ne faudra que 2h pour qu’arrive un tractopelle pour tout dégager. Il aurait bien fallu plusieurs jours en France… Reprise de la route, arrêt déjeuner. La KKH que j’imaginais une grande et large route est en fait une petite route de montagne on les véhicules en tout genre se croisent difficilement, qui est complètement défoncée à de nombreux endroits, avec de nombreuses ornières… Les véhicules sont hétéroclites, du fameux camions à la Jacky Touch jusqu’à la charrette. Une seule constante : ils sont tous surchargés. On passe dans des gorges d’où la vue est magnifique mais un peu lassant après plusieurs heures. Au bout de 15h, dont 2h d’arrêt forcé, c’est Chilas. Un peu avant Chilas on est sortit des gorges pour une vallée beaucoup plus large avec un premier point de vue sur le Nanga Parbat. |
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Jour 3 : Chilas (1250 m) - Skardu (2290 m) 9h de Van |
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Départ à 6h toujours dans une large vallée puis on atteint Jargot, point de
conjonction des trois plus grandes chaines montagneuses, Himalaya, Karakoram et
Hindu Kush. On sent la présence d’Alexandre. Ensuite on quitte
l’Indus pour attaquer les gorges très encaissées de la rivière Skardu qui
nous mènent à la ville du même nom après 9h de route. La dernière partie
débouche sur une large plaine avec une forêt clairsemée autour de la ville.
Petit tour en ville où on sympathise avec un vendeur de pierres et
d’antiquités en métal. On lui promet de revenir à la fin du trek.
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Jour 4 : Skardu (2290 m) - Askole (2800 m) 9h de Jeep |
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| Départ à 7h en jeep. On s’engage dans la très large vallée de
Shagring. Route défoncée en cours de restauration. Parfois on irait plus vite à
pied. Après 2 bonnes heures la vallée se resserre et c’est un chemin de
montagne lui aussi défoncé. On arrive à un glissement de terrain qui a enseveli
la route sur plusieurs centaines de mètres, il parait que c’est habituel.
Arrêt des jeeps, déchargement, petite grimpette pour tout passer de
l’autre coté, rechargement dans de nouvelles jeeps. Comme cela prend un
peu de temps je décide de tailler un peu la route à pied. Finalement notre jeep
me récupère 1h après, toujours ça d’évité sur ce chemin pourri. Une
dernière grosse grimpette où les jeeps sont obligées de manœuvrer dans les
lacets et on arrive un peu plus loin à Askole après 9h de route. Quelques
maisons d’agriculteurs, quelques baraques et le campement où se trouvent
toutes les tentes des trekkeurs et alpinistes. C’est là qu’on
récupère notre vingtaine de porteurs. Après mettre posé je monte pendant 1
bonne heure sur 200m histoire d’avoir un beau point de vue.
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Jour 5 : Askole (2800 m) - Jhola (3300 m) 5h de marche |
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| Enfin le vrai départ. Lever 4h30, préparation de nos gros sacs pour les
porteurs et petit-déjeuner. C’est la pesée pour les porteurs, 25 Kg de
charge utile auquel se rajoutent leurs « sacs à dos », en fait portes
charges en métal ou en bois, et leur propres affaires, soit environ 35 Kg.
C’est enfin le départ, 2h30 après le levé. Il fait bon, je porte juste un
tee-shirt et une surveste que je quitterai au bout d’une heure. On est
dans une large vallée au milieu de laquelle coule toujours la rivière Skardu.
Les abords sont caillouteux et poussiéreux. De temps en temps on passe par des
parties en balcon. On atteint la langue du glacier Biafo-Hispar au bout
d’1h30. Mal nous prend de tenter de le remonter un peu directement. On se
retrouve vite dans un enchevêtrement très instable de rochers de toutes
tailles. Au bout d’1h30 on renonce sans avoir eu un point de vue sur le
glacier et on redescend en direction du camp militaire à coté du campement de
Korofan où nous attend le guide. On atteint le camp, ou plutôt le campement de
fortune à 11h. Il commence à faire très chaud. Petite pause déjeuner et on
reprend la direction de Jhola par un chemin d’abord en balcon puis dans
le lit asséché de la rivière. Quand on atteint la vallée qui descend de la
gauche et où se trouve Jhola, le camp ne se trouve pas loin à vol
d’oiseau, à peine un peu plus haut mais de l’autre coté de la
rivière, mais il faut remonter cette vallée sur plusieurs kilomètres pour
trouver un pont. Cela me prendra une bonne heure dans un chemin très pénible de
sable et de galets. Qui plus est mes réserves en eau s’épuisent, plus
d’eau froide, il ne me reste plus que l’eau chaude du thermos que
je bois quand même en atteignant le pond suspendu. Je ne suis pas loin du coup
de chaud et de la déshydratation. Après le pont suspendu il faut redescendre le
long de la rivière qui coule dans cette vallée et une dernière grimpette me
mène à Jhola. Le camp est constitué d’emplacements en terre pour les
tentes et de quelques cabines WC et douche. Pour les douches il faut récupérer
de l’eau froide dans des grands barils en plastique et faire avec les
moyens du bord mais c’est royal après les grosses chaleurs de la journée.
Si j’avais su je me serai passé de la variante de 3h sur la langue
rocailleuse du Biafo. Sans cela, l’étape aurait duré 5h tout au plus. Le
camp est pas vraiment agréable, pas un arbre pour procurer un peu
d’ombre. Je m’installe dans la tente surchauffée, la tente dans
l’auvent histoire de recevoir un peu de brise… même chaude. Je bois
un max pour me réhydrater. Vers 18h enfin on passe à l’ombre et je sors
en attendant le diner. Nuit agréable uniquement dans le drap en coton et le
duvet juste par dessus.
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Jour 6 : Jhola (3300 m) - Paiju (3583 m) 5h de marche |
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| Ca sera très nuageux toute la journée sans être froid, je porte toujours un
tee-shirt et une surveste pour démarrer, puis le tee-shirt uniquement, puis la
veste goretex par moment pour le crachin ou le vent qui s’est levé. Journée
assez monotone sans grand-chose à voir. Chemin toujours poussiéreux, qui
alterne entre le lit asséché et un surplomb. La marche durera 5h mais
j’aurai l’impression d’avoir 7h dans les jambes. Une bonne
averse tombe juste au moment ou on arrive au camp. On se refugie dans un des
rares baraquements. Le camp est situé dans un petit repli où quelques arbres
ont pu pousser grâce à l’eau qui descend de plus haut. Même cabines
douche et WC qu’à Jhola, des lavabos extérieurs en plus. Jusqu’à la
fin de la journée le temps alternera entre averses et rares éclaircies. Il
pleuvra aussi quasiment toute la nuit. Il ne fait pas froid par contre, je dors
comme à la nuit précédente dans le drap coton avec le duvet par-dessus.
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Jour 7 : Paiju (3583 m) |
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| Temps encore nuageux au levé. On décide finalement de rester une journée et une nuit ici. On part quand même vers les 7h en direction de Khorbutse. Pendant 1h le chemin passe dans la faible pente qui descend des montagnes sur notre gauche. Chemin facile mais fatiguant car il y a de nombreuses ravines dans lesquelles il faut descendre puis remonter. Dans certaines un fort torrent y coule. Après cette première heure on atteint la langue du glacier Baltoro à la base duquel nait la rivière Skardu. A partir de là les choses se compliquent, il nous faut suivre un semblant de chemin assez tortueux sur le glacier recouvert entièrement de rochers de toutes tailles, de terre, de sable... C’est éreintant. Petit à petit on se dirige de monticule vers l’autre coté de la vallée avec l’impression de ne jamais en voir la fin. Après 2 bonnes heures on se retrouve enfin sur un chemin plus facile en balcon qui file vers Liligo puis Khorbutse. Il m’a fallu 3h30 pour atteindre ce point, je m’arrête environ ½ heure pour me restaurer avant de reprendre le chemin du retour qui me prendra le même temps. Samuel poussera 1 bonne heure plus loin. Après le retour au camp et vu la météo qui ne s’améliore pas on décide de laisser tomber le camp de base des tours du Trango pour filer directement à Urdukas. De plus Samuel a pu avoir un aperçu du chemin qui y mène et ça semble être encore pire. | |
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Jour 8 : Paiju (3583 m) - Urdukas (4050 m) 7h de marche |
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| Temps encore très chargé au levé mais il semble y avoir des éclaircies en direction de Concordia. A peu près 3h pour rejoindre l’endroit où je me suis arrêté hier. Pendant 1h le chemin sera plus facile puis on retombera dans l’enchevêtrement de gros rochers. Il faut naviguer comme cela jusqu’au bout. On traverse aussi un grand glacier qui descend de la droite et qui n’est pas totalement recouvert de pierres. L’étape est très longue, probablement la plus longue de toutes : 7h de marche et 1h de pauses. Elle est aussi très fatigante à cause du chemin qui monte et descend, navigue à droite et à gauche, ceci en permanence. J’arrive bien fatigué à Urdukas, petit campement avec quelques arbres, uniquement des cabines WC et des robinets cette fois. Tout est bouché par les nuages. Comme il pleut assez fort on s’enquille dans la tente pour piquer un somme. L’assistant guide et cuisinier vient nous apporter une bonne soupe au lit ! Au bout de quelques heures je profite d’une accalmie, qui sera de courte durée, pour me laver à un tuyau d’eau glaciale. Comme il fait froid je me lave morceau par morceau, la tête, le buste, les jambes, les pieds, les fesses…mais ça fait du bien quand même. Je fait connaissance avec 2 alpinistes espagnols qui viennent de faire le Broad Peak et le G2. Ils ont l’air fracassés. Un des deux a un gros problème au genou, ça ressemble à une tendinite. Ils arrivent de Concordia en ayant doublé l’étape de Goro. Je me demande comment il a fait pour redescendre. Ca leur a pris quand même 8h. On les invite à diner car ils n’ont rien eu de vraiment bien depuis plusieurs jours. En discutant on apprend qu’ils ont déjà 5 des 14 des 8000m, respect. Vers 20h au lit, il pleuvra encore un bon moment. |
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Jour 9 : Urdukas (4050 m) - Goro II (4400 m) 6h de marche |
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| Lever difficile, j’ai un peu moins dormi que les autres fois. Temps très chargé mais toujours des éclaircies matinales vers Concordia, qui ne durent pas malheureusement. Après le remballage des sacs et le petit déjeuner je me sens assez bien. Le début du chemin est toujours un peu merdique, il faut zigzaguer sur le glacier puis ça devient un chemin caillouteux plus facile même s’il faut encore naviguer, monter et descendre au milieu des monticules. On a un peu de soleil et du vent. On atteint Goro II après 6h de marche et 1h de pauses. Sur les 2 dernières heures j’ai réussi à trouver un bon rythme de marche, ce qui n’était pas arrivé depuis Paiju à cause du terrain merdique. J’atteins le campement le premier avec le guide, même avant les porteurs. Campement sur le glacier recouvert comme depuis le début par des cailloux, mais on sent le froid en posant la main sur le sol de la tente. Il y a encore beaucoup de nuages mais le vent très fort fait qu’il y a aussi quelques courts moments de soleil. Fin de journée à se reposer sous la tente. |
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Jour 10 : Goro II (4400 m) - Concordia (4725 m) 4h30 de marche |
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| Il a plu toute la nuit. Levé encore difficile, en profitant d’une accalmie. Départ 7h. Le chemin zigzague encore entre les monticules de glaces recouverts de pierres. On commence à voir quelques grosses émergences de glace pure. Ca grimpe très légèrement. Le temps est toujours très couvert mais il s’est arrêté de pleuvoir. Au bout de 3h je commence à peiner, la dernière heure sera très difficile. J’atteins Concordia à 11h30 encore bien crevé mais après mettre restauré ça va mieux. Malgré le temps encore couvert le site est grandiose à 360°. Dommage que ça soit le dépotoir un peu partout, même si une opération de nettoyage a eu lieu en 2006. Il faut aller assez loin pour trouver de l’eau presque potable. Après-midi encore de repos. | |
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Jour 11 : Concordia (4725 m) |
| Journée de repos à Concordia car le temps ne nous engage pas à progresser. J’ai très mal dormi, premiers effets d’un MAM confirmé par des nausées dans la journée et une perte d’appétit, sans mal de tête. La journée de repos ne fera que du bien. Par contre le mauvais temps persistant nous casse le moral. Encore aujourd’hui il fait tellement mauvais qu’on n’a pas envie de faire une petite excursion plus loin. On rencontre un groupe de français accompagnés par un guide de haute montagne. On se connait mais sans se rappeler d’où. On essaie de glaner les prévisions météo auprès des différentes expéditions qui passent à Concordia. Informations discordantes pour les 4 ou 5 prochains jours : encore du mauvais temps avec peut-être un changement de temps demain. Pour les alpinistes la prochaine fenêtre semble être pour le début du mois d’août. On décide de voir demain matin au lever du jour. Si c’est encore mauvais on redescend, si c’est beau on fait l’aller-retour au camp de base du K2. Toute la journée se passera sous la tente mess en regardant la pluie tomber. |
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Jour 12 : Concordia (4725 m) - Urdukas (4050 m) 7h de marche |
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| Au levé il fait plus clair à Concordia mais on voit qu’au
Sud-ouest il
y a toujours beaucoup de nuages de pluie qui vont arriver dans peu de temps.
Samuel sort le premier de la tente et m’annonce la mauvaise nouvelle.
J’ai un peu mieux dormi mais j’ai toujours un peu des nausées qui
passeront après avoir pris un médoc. Comme nous l’avions décidé hier nous
prenons le chemin de la descente avec les boules. On s’arrête à Goro II
pour le déjeuner et on atteint Urdukas après 7h de marche et 1h de pauses. La
descente a été tout aussi exténuante que la montée. Encore une averse avant le
diner. L’appétit revient doucement. Le ciel est tout bouché.
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Jour 13 : Urdukas (4050 m) - Paiju (3583 m) 6h de marche |
| Bonne nuit de 9h. Pour une fois ciel assez bleu au dessus de la vallée mais de nombreux nuages accrochent tous les sommets. La journée sera plutôt belle et chaude et on pourra apercevoir quelques sommets. Petit à petit les nuages gagneront Concordia qui sera encore bouché en fin d’après-midi. Sinon grosse journée de marche, 6h dont 5h sur la partie tourmentée du glacier et 1h de pauses. On retrouve notre place à Paiju. Grosse toilette et lessive. |
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Jour 14 : Paiju (3583 m) - Korofan (3110 m) 7h de marche |
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| Lever 5h en prévision d’une journée très chaude mais qui sera encore très grisâtre et fraiche. En sortant de la tente le ciel est complètement couvert du bas au haut de la vallée et il y a du vent frais. Ca ne changera pas de la journée. On apprécie le chemin plus facile que la moraine des derniers jours, même si on l’avait trouvé fatiguant à l’aller. On atteint Jhola après 5h30 de marche et ½ heure de pauses, puis Korofan après 1h30 de marche. J’arrive seul au campement où j’atteins les autres qui arrivent un par un. Après-midi de glande sous le ciel toujours gris. Je fais un peu le French Doctor en distribuant quelques comprimés antidouleur et anti-inflammatoire et pansements pour les bobos divers, mal de dent, abcès, ampoules, orteil éclatés et infectés…Je me sens un peu impuissant mais si ça peu un peu les soulager le temps de renter à Skardu. | ||||
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Jour 15 : Korofan (3110 m) - Skardu (2290 m) 2h de marche |
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| Temps nuageux pour changer mais qui s’éclaircira dans la matinée. 2h de marche facile jusqu’à Askole. Sur le pont suspendu je mets à l’eau mes dédicaces, « Pour mes parents » décédés il y a 15 ans pour mon père et 2 ans pour ma mère, et « Free Tibet ». Elles rejoindront l’Indus dans peu de temps. A Askole on attend les porteurs pour prendre les jeeps qui nous mènerons jusqu’au glissement de terrain. Faqir, notre guide, avait envoyé un messager depuis Urdukas afin de prévenir l’agence de Skardu que nous serions là le 27/07. Par contre quelques kilomètres avant le glissement de terrain nous tombons sur un pont suspendu qui ne l’est plus. Heureusement on peut tous passer à pied. Une jeep étant coincée entre le pont dans la rivière et le glissement de terrain, Faqir négocie les quelques kilomètres. Après avoir déchargé les 2 jeeps, les porteurs rechargent tout dans celle là et s’accrochent comme ils peuvent. Notre guide se cale sur le pare choc avant, Samuel et moi nous casons avec nos sacs de jour à coté du chauffeur, et c’est partit pour quelques minutes d’anthologie. Arrivé au glissement de terrain, ça recommence, déchargement, petite grimpette et de l’autre coté on trouve les 2 jeeps qui nous attendent. Rechargement et c’est reparti pour Skardu. C’est pas beau l’organisation Pakistanaise ! Après 6h de route, de chargements et de déchargements, on arrive à Skardu tout poussiéreux. Orgie de poulet et de légumes à l’hôtel, Faqir avait prévenu l’hôtel 1h avant notre arrivée pour avoir le déjeuner chaud (il est 16h). Enorme douche, petit repos, barbier, boutique de pierres et d’antiquité… début de retour à la civilisation. |
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Jour 16 : Skardu (2290 m) -
Islamabad |
| Enfin un peu de chance : on bénéficie du vol Skardu – Islamabad
ce qui nous évite les 2 jours de Van sur la KKH, expérience qui doit rester
unique. De plus au cours du vol on aura la chance de voir émerger des nuages le
K2, Le Broad Peak et les Gasherbraum, et un peu plus loin le Nanga Parbat bien
dégagé. Passage à l’hôtel, déjeuner à l’habituel Kaboul restaurant
qui dispense d’excellentes brochettes, débriefing dans un grand centre
sportif ou un petit vieux à la blanche barbiche nous pose 2 ou 3 questions sans
intérêt et appose une douzaine de signatures sur divers documents. On repart
pour l’agence et bonne discussion avec Amir toujours aussi jovial,
boisson fraiche et gâteau comme d’habitude. En passant j’ai pu
m’arrêter à l’hôtel Méridien où se trouve une agence de la British
et j’ai pu négocier d’avancer mes vols retours pour demain matin.
Samuel a racheté un billet pour après-demain. Retour à l’hôtel, diner et
couché tôt.
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